Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international

Laurent Wagner, chargé de recherche Ferdi, a participé à de nombreuses sessions. Il donne ses impressions sur les tendances.

Laurent Wagner, Chargé de recherche Ferdi, a participé aux différentes sessions de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et de la Brookings Institution organisées du 9 au 15 octobre 2017 à  Washington.

Ses impressions sur les tendances :

"De manière générale, un seul mot peut caractériser la thématique générale de la semaine: l'inclusion. Que ce soit dans le cadre du G20 ou des politiques ciblées sur les infrastructures et le secteur privé, il s'agit clairement de l'objectif premier. On sent bien en creux qu'il s'agit d'une réponse à l'angoisse liée au Brexit et à l'élection américaine qui influe sur ce mouvement. L'objectif est d'assurer que la croissance et la globalisation de manière plus générale soient créatrices d'emplois. L'accent est également mis sur le financement des filets de sécurité sociaux.
 
L'ensemble des acteurs semblent se positionner de manière très positive derrière la nouvelle impulsion pour l'Afrique donnée dans le cadre du Compact for Africa du G20. Dans ce cadre, on retrouve un focus très important sur les infrastructures et le secteur privé tout en laissant de côté d'une certaine manière les problématiques des secteurs sociaux voir de la fragilité. L’Afrique a besoin d’emplois productifs avant tout d’après Paul Collier (Blavatnik School of Government, Oxford University and Senior Fellow Ferdi). Le contraste avec les MDGs est très marqué. D'ailleurs le nouveau rapport de la Banque sur la Fragilité met clairement l'accent sur le manque d'inclusion comme cause centrale de la fragilité.

Un autre mot revient dans toutes les bouches du management des grandes Banques Multilatérales : recapitalisation. Pour la Banque Africaine de Développement ce n’est pas une surprise mais cela marque vraiment l’adaptation de ces institutions à la graduation de leur client. On sent d’ailleurs une forte frustration de ne pouvoir plus prêter aux pays à haut revenu ainsi qu’aux BRICS afin d’assurer la rentabilité de ces banques (ainsi que les Triples A). La question de l’action auprès des BRICS secoue également la Banque internationale pour la reconstuction et le développement (BIRD) où les relations se tendent avec la maison blanche qui s’oppose fortement à l’idée que la Banque mondiale puisse prêter, entre autre, à la Chine dans le cadre d’une large recapitalisation de la BIRD. De manière générale le management des Banques multilatérales de développement insiste fortement sur la nécessité de continuer de prêter aux pays les plus riches de leurs régions respectives. Malgré quelques oppositions la tendance semble clairement à l’explosion du ratio non-concessionnel/ concessionnel multilatéral."
 
Laurent Wagner