Assurer les paysans pauvres

Assurer les paysans pauvres contre les risques climatiques et autres

En collaboration avec deux Senior Fellows de l’Université de Californie à Berkeley, la Ferdi a engagé une réflexion -et organisé des ateliers- sur la couverture des risques auxquels sont exposées les populations pauvres principalement composées des petits agriculteurs. En réponse à l’exposition aux risques non assurés, trois instruments font l’objet des études menées : les innovations technologiques dans le domaine agricole, l’assurance climatique indicielle, l’épargne et le crédit.

La météorologie constitue l’une des principales sources de chocs pour les petits agriculteurs. Il est donc important de réduire l’exposition aux risques non assurés pour garantir le progrès social et la stabilité politique. Les ménages pauvres ont un accès limité à l’assurance formelle. De son côté, l’autoassurance peut s’avérer pour eux onéreuse et inefficace contre les risques covariés ne pouvant pas être pris en charge par une assurance mutuelle locale. L’autoassurance peut de plus avoir des effets patrimoniaux et familiaux négatifs : décapitalisation des avoirs des ménages, endettement auprès d’usuriers, perturbation de l’éducation des enfants, malnutrition des enfants en bas âge, recours au travail des enfants, migration… Au total, l’autoassurance comme méthode d’adaptation aux chocs et de gestion des risques peut s’avérer être une source de faible croissance et de pauvreté. Elle conduit en effet au choix de stratégies d’investissement à faible risque, mais peu rentables, à une diversification coûteuse des revenus et à l’accumulation d’épargne de précaution.

Les innovations technologiques pour réduire les risques

Certaines innovations technologiques permettent de réduire la vulnérabilité des cultures aux chocs météorologiques comme les inondations, les sécheresses et les températures inhabituelles. Le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) a récemment mis sur le marché de nouvelles variétés de riz résistantes aux inondations en collaboration avec les systèmes nationaux de recherche agronomique, plus particulièrement en Inde et aux Philippines. Le succès de cette action, par la garantie d’un bon rendement et l’assurance d’une forte demande effective, a favorisé à son tour l’adoption d’innovations technologiques. Un cercle vertueux se met en place : réduction des risques, protection des rendements en cas d’inondations, incitation à l’investissement, augmentation des rendements… Compte-tenu du manque de gouvernance mondiale et du manque actuel de consensus entre les pays, des coalitions comme le GCRAI, nécessaires pour le financement de ces biens publics mondiaux, sont suppléées par l’aide au développement internationale. L’optimalité du financement nécessite en outre une meilleure documentation de l’évaluation des impacts ainsi qu’une meilleure coordination des donateurs.

Les subventions intelligentes, autre moyen important dans la gestion des risques

Grâce à l’aide au développement internationale, ces subventions peuvent favoriser l’utilisation de produits financiers comme l’assurance climatique indicielle et des dispositifs flexibles d’épargne et le crédit adaptés pour faire face aux risques. En dépit de sa rentabilité supposée, le recours à l’assurance indicielle demeure toutefois faible. Des efforts doivent porter à la fois sur l’offre (lever les deux freins que sont les importants coûts fixes et l’information) et sur la demande (actions de formation financière et renforcement de la confiance des assurés). De même, l’assurance des risques de catastrophe sous forme de bien public peut limiter le recours à l’autoassurance et favoriser la demande d’assurances indicielles commerciales pour les risques d’intensité et de fréquence modérées.

L’épargne et le crédit utilisés pour l’adaptation aux chocs et la gestion des risques

Les travaux menés par la Ferdi montrent que la question reste un domaine largement inexploré. Ils encouragent un troisième stade d’évolution de la microfinance axé sur une prise en charge flexible. Cela nécessite la réassurance des lignes de crédits, la mise en place d’agences d’évaluation du crédit pour le partage d’informations sur la solvabilité des clients et l’accès à des fonds institutionnels pour le crédit d’urgence.

« Financement et Assurance des Risques de Désastres Naturels »

(DRFI, Disaster Risk Financing and Insurance)

 

La fréquence et la sévérité des événements climatiques extrêmes se sont accrues rapidement, avec des conséquences de plus en plus coûteuses sur le bien être humain et les actifs de production. De fait, les pays en développement ont dû rechercher une définition et la mise en œuvre de stratégies de « Financement et Assurance des Risques de Désastres Naturels » (DRFI, Disaster Risk Financing and Insurance) afin de répondre aux chocs climatiques de manière rapide, prévisible et efficace par rapport à leur coût. La mise en place de stratégies financières ex-ante permet non seulement aux gouvernements de mieux répondre aux chocs mais aide également les entreprises et les ménages à mieux gérer les risques dès lors qu’ils connaissent les initiatives gouvernementales, et les programmes de secours et de reconstruction, qui seront mis en oeuvre en réponse aux catastrophes naturelles. Un atelier de haut niveau sur le DRFI, donnant lieu à un ouvrage collectif, s’est tenu en juin 2015 à la Ferdi.

Clarke, D., de Janvry, A., Sadoulet, E., Skoufias, E. (eds.) (2015), Disaster Risk Financing and Insurance: Issues and Results, Ferdi, 105 p

 

 

 

Demand for Insurance

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Group contracts for index-based insurance

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Some thoughts on micro-insurance

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